Nosferatu, de Murnau.

Vos films et groupes préférés, les concerts ou vos coup de coeurs TV, c'est par là...

Modérateur : Groupe modérateurs

Avatar du membre
Ponder_07
Rookie
Rookie
Messages : 288
Enregistré le : ven. avr. 20, 2012 7:22
Equipe préférée : Minnesota Vikings
Localisation : Montpellier

Nosferatu, de Murnau.

Messagepar Ponder_07 » mer. oct. 10, 2012 18:00

Aujourd'hui, aux plus incultes d'entre vous (haha) je vous fais découvrir une œuvre magistrale du cinéma. Récit inspiré du mythe de Dracula, sorti en 1922 et réalisé par le maître Murnau.

Image

Réalisé par F.W. Murnau, sorti en 1922.
Film fantastique de 1h34.
Avec Max Schreck, Gretta Schröder et Ruth Landshoff.


Voyage au cœur de la peur.

Nosferatu c'est avant tout une ambiance unique. La colorisation de la pellicule, alternant entre le vert, le bleu, le violacé, et le jaune, donne au film cette identité caractéristique du Grand film. Une uniformité esthétique qui part de cette beauté visuelle pour aller jusqu'à cette musique de fond, qui, si elle ne s'estompe jamais, n'en devient pour autant jamais lassante. L'atmosphère onirique qui en découle se présente à nous comme un sombre cauchemar, qu'on ne peut s'empêcher de trouver magnifique.

Ce que réussit à faire Murnau, c'est non seulement de faire de cette histoire classique une leçon même de l'expression « raconter une histoire », mais c'est aussi de jouer sur les sensations, les ressentis, avec tant de finesse qu'on trouve des effets poétiques inégalables dans ces lieux et ces faits qui y sont si peu propices. Toute cette ambiance venteuse, qui porte tout nos sens, nous perdant au cœur d'une tornade de sensations, se doit d'être apprécié dans les meilleures conditions possibles. Je n'ai eu à aucun moment à me plaindre de la qualité de ma copie, et, plongé dans le noir comme si je fermais les yeux et me laissais porter par le rêve d'un cinéaste, j'ai pu voir le cinéma sous un autre angle : comme si, paradoxalement, je n'avais jamais eu les yeux aussi ouverts de toute ma vie.

Pourtant, on ne peut pas dire que le scénario soit le plus impressionnant jamais pensé, loin de là. Et, 90 ans plus tard, il n'a pas la même posture que je le soupçonne d'avoir eu à l'aube du XXème siècle. Malgré tout, le film n'a pas pris une ride, et je suis convaincu qu'après plusieurs visionnages il n'aura pas perdue ni de sa superbe ni de son effet. C'est à cela que l'on reconnaît les chef-d'œuvres, quand, en plus de devoir faire face à l'épreuve du public, ils doivent faire face à l'épreuve du temps. Et généralement, le temps, plus impartial et honnête que le public, vient rétablir les vérités absolues. Si, en 2012, la plupart des films qui sortent au cinéma paraissent dépassés, anecdotiques, désuets, impuissants ; cela fait du bien de replonger dans les prémisses d'un art qu'on ne sait plus si l'on doit le qualifier d'art originel ou d'art dérivé tant il peine à donner ses lettres de noblesses au terme « création ».

Moi qui ne suis pas familier avec le mythe du vampire, et qui n'a d'ailleurs pas d'attirances particulières pour le cinéma fantastique, je n'ai pu qu'être bluffé. Bluffé de ce Nosferatu angoissant, et pourtant terriblement drôle par instants (quand il se promène dans la ville avec son cercueil, un grand fou rire). Plus que ça, il a su se révéler comme le Monstre par excellence, celui qui, même à vingt piges, vous donnerait presque envie de rejoindre les bras de votre mère en criant « môman ! ». Jamais je n'ai eu si peur d'un silence, lorsque minuit a retenti, jamais je n'ai aussi bien entendu dans un film (comme jamais je n'avais aussi bien vu dans le noir). Et malgré un scénario prévisible et un blondinet qui en rajoute des tonnes (ce qui reste très drôle), je n'ai pu trouver de défauts à cette œuvre à aucun moment.

Il y a tant de magie, de fantaisie et d'intelligence dans la manière de conter cette histoire, que, moins que la fin du trajet, c'est le trajet en lui-même qui importe. Et, au 21ème siècle, les gens ont beau rouler en voiture, voler en avion, courir en short (wtf ?), rien ne nous fera jamais autant voyager que le septième art. Murnau est le maître de ce voyage, et nous autres spectateurs des voyageurs privilégiés, qui ne voudraient jamais s'arrêter. Et pourtant, il le faut.
Image

Retourner vers « Musique / Ciné / TV »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 2 invités